Si je peux comparer mes connaissances sur Clive PERDUE avec mon acquisition de l’allemand…
Je ne connais pas M. Perdue en personne tout comme je ne parle pas couramment l’allemand. J’ai commencé à connaître M. Perdue quand j’ai débuté au département de sciences du langage l’année où j’ai initié mon allemand à Aix-en-Provence. Chemin faisant, j’ai entendu parler beaucoup de bien sur les travaux de Perdue et j’ai découvert en même temps petit à petit les complexités de l’allemand.
J’ai appris le décès de M. Perdue en juin et depuis je ne peux plus m’arrêter de m’interroger sur le processus de connaissances. Ce qui pourrait paraître absurde pour les spécialistes, mais je voulais juste vous faire partager quelques réflexions d’un novice…
Je ne connais pas M. Perdue en personne, mais des heurs de lecture me laissent quand même pas mal de souvenirs. C’est comme un certain morceau de musique qui nous rappelle toujours un certain moment de la vie (quand j’écoute « le premier jour » d’Etienne DAHO, je pense toujours à mon dernier déménagement). Enfin bref, ces souvenirs sont pourtant fragmentaires. Je me suis dit : «mais c’est vrai, on ne peut jamais prétendre connaître quelqu’un parfaitement ». De même pour mon allemand. J’ai beau prendre des cours à la fac, lire des manuels de grammaires allemandes à la maison, j’ai beau apprendre par cœur toutes les notions, mon allemand reste toujours embarrassant et mes connaissances restent toujours fragmentaire. Ainsi, si on me demande « il est comment, M. Perdue ? », je ne saurais vous répondre tout comme la question « c’est comment, l’allemand ? ».
Cependant, malgré tout, il me semble que les connaissances se construisent à travers ces fragments. Comme un puzzle ! On collectionne les morceaux pour trouver l’image entière à la fin. En partageant du temps avec nos amis dans la vie quotidienne, nous arrivons à cerner de mieux en mieux leur humour et à comprendre de mieux en mieux leur personnalité. Mais ceci dit, comment parlons-nous une langue ? Tout le monde serait d’accord sur le fait que les adultes n’apprennent une langue étrangère de la même façon que les enfants apprennent leur langue maternelle. Est-ce en apprenant toutes les morceaux de grammaire que nous arrivons à ‘(re)construire’ la grammaire? Je ne crois pas. Bien sûr qu’il faut tous ces morceaux de connaissances mais il me semble que cela ne suffit pas. 500g de farine plus un œuf plus du lait plus du chocolat ne deviennent jamais un moelleux gâteau au chocolat s’il manque de la chaleur de four. Mais qu’est-ce qui rend vivant ces fragments de grammaire ? Quel est le moteur de cette machine à langue ?... plus de réflexions il me faut.
Le weekend dernier, j’ai assisté à un colloque spécial. Il s’agit d’un colloque en hommage à Clive PERDUE qui a eu lieu à Paris 8 où il avait fait ses études et enseignait jusqu’au dernier moment. Les conférenciers sont tous représentatifs de leur domaine, et les communications présentées sont toutes dotées d’une qualité exceptionnelle. Pourtant, l’ambiance était solennelle et nostalgique. La table ronde avant la clôture du colloque m’a beaucoup marquée. M. Klein, M. Slobin et Mme Noyau étaient assis juste en face de moi et ils ont posé plusieurs questions essentielles sur le chemin de recherches. Du coup, je me sens très proche de cette « famille »….
Voici quelques images sur le colloque et le séjour à Paris.




