L’ verbal en
L’étude de l’ a fait couler beaucoup d’encre dans ces dernières décennies. Néanmoins, la plupart des analyses restent monographique et sémasiologique. Dans cet article, nous souhaiterions revisiter le système aspectuel du avec l’aide d’un modèle d’analyse « configurations et perspectives » (ce modèle sera détaillé plus loin) proposé par N. Tournadre (2004). Notre étude se concentre d’ailleurs dans l’ verbal.
Redéfinition de la terminologie
En effet, si l’ demeure un casse-tête chez les linguistes, une des raisons est due à l’ambiguïté de terminologie. Chaque langue possède son propre système aspectuel avec sa propre terminologie, d’où la diversité des analyses. Avant de commencer notre synthèse, nous tenons à indiquer d’abord la terminologie adoptée dans cet article.
Nous distinguons volontiers l’ sémantique (ou l’aspectualité[1] ) de l’ syntaxique, qui regroupe les aspects lexical et grammatical[2], termes courant dans la majorité des analyses.  Notre raison est la suivante : si certaines aspectualités semblent reconnues universellement, leur manifestation dans une phrase se varie selon les langues. En fait, nous estimons que ce qui diffère vraiment dans les langues, ce ne sont pas les aspectualités, mais plutôt les Aspects syntaxiques, c’est-à-dire leur manifestation dans une phrase, soit par le lexique soit par le marqueur grammatical.  Une métaphore nous aidera à mieux comprendre la distinction : peu importe l’origine ou les langues utilisées, tout le monde ressentira la tristesse à un moment donné, mais tout le monde n’aura pas la même façon de l’exprimer : certains crient, certains pleurent, d’autres sanglotent, etc.
Afin d’illustrer l’ syntaxique, nous prenons le français comme exemple. Une aspectualité peut s’exprimer par un marqueur grammatical. En ce qui concerne l’aspectualité délimitative (à expliquer plus loin), le français dispose des temps simples (passé simple, futur simple) pour désigner l’inaccompli et les temps composés pour l’accompli. Par ailleurs, un lexical peut également véhiculer une aspectualité. C’est le cas par exemple de l’auxiliaire « finir de » qui indique l’accompli et du « démarrer » qui indique lui seul l’inchoatif.
  Pourquoi le modèle « configurations et perspectives » ?
Comme notre s’inscrit dans ce domaine de l’acquisition du par des francophones, nous cherchons en priorité un modèle d’analyse susceptible de s’intégrer au moins dans le et le français, langues de famille très éloignée. De plus, nous nous intéressons également au processus de l’acquisition concernant l’aspectualité.  De ce fait, dans le cadre théorique, nous avons préféré une approche onomasiologique, c’est-à-dire de partir des concepts pour étudier leurs expressions. Avec l’aide de ce modèle, nous analyserons les expressions produites par des apprenants de différents niveaux afin de déterminer les statuts cognitifs de ces aspectualités chez des apprenants.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


[1] Ce terme est emprunté à S. Dik, cité dans Tournadre (2004)
[2] L’italique indique les appellations traditionnelles.