Le fil rouge de mes recherches en linguistique chinoise
Mots-clés : syntaxe
L’idée du départ est très simple. Je citerais volontiers un passage du roman de Muriel BARBERY «L’élégance du hérisson » :
(Une jeune fille désirant devenir vétérinaire discute avec Renée, l’héroïne du roman)
-Oui, une cystite, souffle-t-elle, les yeux brillants. Pauvre bibiche, elle faisait pipi partout et – elle reprend haleine avant d’entamer le meilleur – ses urines étaient faiblement hémorragiques !
Mon Dieu comme c’est bon. Si elle avait dit : il y avait du sang dans son pipi, l’affaire aurait été vite entendue. Mais Olympe, revêtant avec émotion ses habits de docteur des chats, en a également endossé la terminologie. J’ai toujours eu grand plaisir à entendre parler ainsi. « Ses urines étaient faiblement hémorragiques ! » est pour moi une phrase récréative, qui sonne bien à l’oreille et évoque un monde singulier qui délasse la littérature. (p.123, « L’élégance du hérisson » nrf, Gallimard, 2006)
Je citerais ensuite mon premier héro linguiste Lucien TESNIERE (1853-1954), sa doctrine étant présentée comme ceci:
« L’enseignement présent restait prisonnier de notions confuses et inadéquates, qui le rendaient inefficace et que l’application la plus simple des principes structuraux suffisait à mettre fin à cette situation affligeante » (la préface de Jean FOURQUET dans les « Eléments de syntaxe structurale » Klincksieck, 1988)
Le monde est complexe, et nous cherchons sans cesse à le comprendre. J’ai commencé mes recherches en linguistique par amour d’un monde singulier dont parlait Renée. Etant physiquement à l’extérieur du monde chinois, j’essaie de le comprendre avec une vision occidentale.